L'histoire du Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon, dernière œuvre emblématique de Bernard Zehrfuss, se confond avec celle de la fondation de Lugdunum sur la colline de Fourvière où les Romains avaient aménagé le théâtre d'Auguste, l'odéon et le temple de Cybèle. Illustration magistrale des recherches de Zehrfuss sur l'« architecture invisible », ce bâtiment est l'exemple même d'une réflexion globale sur le plan, la coupe et la structure. Une entaille pratiquée dans la colline permet à l'architecte de poser son édifice au pied de l'odéon romain, où il semblait impossible de construire. Le respect du lieu va jusqu'à l'enfouissement du musée dans la colline : recouverte de terre pour restituer le talus, la
construction développe une parfaite stratégie de l'effacement.

Au-delà des défis techniques liés à la mise en œuvre de cette « cathédrale » de béton souterraine, le musée dévoile à l'intérieur une scénographie d'avant-garde pour l'époque : l'architecture, ses perspectives et ses cadrages, s'ajustent aux œuvres présentées et non l'inverse. Le visiteur va ainsi de découverte en découverte. En totale cohérence avec les collections, le parcours ponctué de deux canons à lumière braqués sur l'extérieur, révèle une osmose parfaite avec le site archéologique. Il témoigne d'une expression plastique puissante et d'une grande liberté.